Le blues du confiné (saison 1 – avant dernier épisode)

J’écris en titubant… Oui, je le reconnais, j’ai un peu picolé ! Oh, ça ne m’arrive pas souvent mais, là, compte tenu du contexte, j’en ai ouvert une pour tenter de noyer le blues du jour… raté. J’ai un peu picolé mais, pas que… Me suis aussi enivré de petits Lu d’ordinaire bannis du placard ! Que voulez-vous (oui, on se vouvoie de nouveau… pour le moment), j’ai décidé de me concentrer sur une de mes addictions les plus douloureuses que certaines dates poignard attisent et du coup cela ouvre quelques brèches pour les autres. Ahhh, c’est sûr que pour comprendre, fallait suivre d’un peu plus près les épisodes précédents. J’ai bien conscience de raconter un peu n’importe quoi mais, c’est le principe du blues, du spleen, de s’égarer dans ses chagrins et quand le blues est alcoolisé, forcément ça divague un peu plus et la pudeur n’est plus de mise. Bouhhhh, quelle journée de merde (et elle n’est pas fini), pluvieuse, pesante et lugubre à souhait. Guère envie d’écrire, ni de faire quoique ce soit d’ailleurs et pourtant je m’étais promis d’écrire cet avant dernier épisode du blues du confiné mais là, ce n’est pas gagné même si je sais de quoi je veux traiter, mes lignes brouillons en témoignant. Vous me direz : « Quel lien entre cette belle brochette de connauds à virus et le blues en question ? ». Au quatrième verre, j’hésite entre « ils participent par leur incohérence, leur suffisance et leurs tronches à l’entretien du blues » et « compte tenu de ma paresse du moment, au lieu de faire un post pour le blues du confiné et un pour le connaud à virus du moment, et vu que le temps me manque, deux post en un »… Bon, du coup, petit tour d’horizon de cette brochette, brièvement, je fatigue. Je ne sais même pas si j’ai un mot disponible pour chacun! Non seulement j’écris en titubant mais, je pense en balbutiant ! Du coup je ne m’étendrai pas sur chacun (ni chacune d’ailleurs, rien que l’idée me donne envie de gerber) :

1-Apathie ? Pour l’ensemble de son œuvre… Mon seul regret est qu’il n’apparaisse que le matin, je suis sûr qu’en fin de soirée, compte tenu de mon état, il me ferait rire, mais pépère se couche tôt.

2-Goupil… bof, m’inspire juste le dégoût et des envies de violence.

3-Pujadas. De plus en plus petit, dans tous les sens du terme.

3-De Frouville. Ah là ! Archétype d’une partie de sa génération dont je ne supporte pas le physique sans lueur (oui, je sais subjectif à l’excès mais j’avais prévenu lors de mon premier post sur le connaud à virus). Clone de Marie Lebec, elle-même clone d’un sujet n°1 fabriqué et façonné par une certaine mouvance de notre Éducation Nationale à base d’intelligence artificielle, à l’écart de sentiments bienveillants, programmé uniquement pour « réussir » quoiqu’il en coûte, doté de connaissances générales implantées sans arguments et avalées comme des certitudes qu’il n’ait pas besoin d’expliquer. Une sorte de prototype d’androïde à venir.

5-Khan. J’ai apprécié l’homme à une époque même s’il faisait déjà preuve d’une certaine autosuffisance. Le temps et l’usure en ont fait une caricature.

6-July… Le « pauvre », la sénilité se rapproche.

7-Ferry… insupportable, depuis très longtemps. *

8- Verdier-Moliné, lobbyiste… tout est dit.

9- Jeudy… bof, un extrait de MEDIAPART suffira « En plateau comme ailleurs, Jeudy est le chien de garde qui aboie contre tout ce qui n’est pas de droite – donc ce qui n’est pas macroniste – et monte la garde auprès des banques et de ses employeurs milliardaires, propriétaires de BFM-TV. ».

10-De Malherbe… comme ça…

Bon ! Presque deux heures du mat’, forcément pas l’envie de relire, donc les fautes d’orthographe, de syntaxe et de mauvais goût, c’est cadeau.

Harry Steed (2 mai 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Le blues du confiné (9-b)

Là où d’autres en deux images te montrent avec précision la couleur de la situation et du sentiment (oui, je sais, ça s’appelle le talent), j’ajoute des mots aux mots pour essayer d’y parvenir. Parfois de ces mots de forme anodine qui finissent par former des phrases assassines… dont tu n’as même pas conscience, comme un suicide masochiste mais ça, c’est une autre histoire dont le mot fin s’est inscrit par surprise. Et je balance tous ces mots où je peux. Autrefois j’avais quelques interlocuteurs épistolaires chez qui je déversais mes trop-pleins. Au fil du temps, j’en ai perdu la plupart sur la route de cette vie et le dernier, le meilleur, celui qui pissait du bras, a eu cette mauvaise idée de décéder il y a quelque temps…

Alors j’écris en me demandant, de temps à autre de ce qu’il adviendra de ces pages noircies par le quotidien. Est-ce que mes filles après avoir lu quelques pages finiront par passer ça à la déchiqueteuse à papier ? Qui vivra verra, donc je ne verrai pas. Et je comprendrais, il y a tant de banalités. Mais c’est quand même une vie qu’il y a sous ces lignes, avec ses bons moments et ses chaos. Bien des années avant sa mort, mon père avait été opéré à cœur ouvert et sur son lit de délires s’était accroché à moi, me suppliant de trouver son « petit carnet noir ». Carnet dont ma mère, à qui j’en avais parlé à mon retour de l’hôpital, niait toute existence… Et pourtant, quelque temps après leur mort, à deux mois d’intervalle, je l’ai trouvé ce carnet, caché derrière des livres. Oh, il n’y avait pas des centaines de pages, juste quelques-unes écrites de sa belle écriture pendant la guerre et qui parlaient de son amour naissant et de son dégoût pour l’armée. Mais suffisamment pour que je regrette qu’il n’ait pas plus écrit, j’aurais tant aimé lire sa vision du temps qui passait et peut-être découvrir certaines faces cachées de cet homme. Ou alors, peut-être les garderont-elles pour de temps à autre prendre une page au hasard comme on visite un lieu de façon aléatoire, sans souci chronologique.

Tiens, il me revient un truc. Enfin, disant qu’en mettant un peu d’ordre dans mes brouillons épars, j’ai retrouvé quelques lignes destinées au blues du confiné (7) quand j’évoquais mon intoxication aux infos… : « De toute façon, je suis un toxico multiple, ça va des bonbons à l’amour, en passant par… la liste de mes dépendances serait trop longue à raconter et je ne vais pas vous dire comment je les traite, seulement que j’ai une tactique pour tenter de contenir chacune d’entre elles, tactiques qui fonctionnent plus ou moins bien, selon l’époque et l’environnement. Tu avoueras que cela valait le coup de faire un retour en arrière ! Oui, je sais, en début de page on se vouvoyait mais reconnais qu’arrivés à l’épilogue de la chose, on peut passer au tutoiement.

Harry Steed (Avril 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Le blues du confiné (9-a)

On pourrait se demander pourquoi j’écris sans intérêt… et pourquoi je partage ça ici. Je n’ai pas vraiment d’explications logiques et celles-ci peuvent varier selon l’humeur du moment. Alors, pourquoi me direz-vous ? Vous ? Oui, je sais, je dis vous et écris comme si je m’adressais à un interlocuteur potentiel qui n’existe peut-être pas mais, qu’importe. Á force d’avancer seul, qui plus est en cette période de confinement, j’ai pris l’habitude de parler seul, donc d’écrire de la même façon. Ce n’est pas pour rien si j’ai une rubrique qui se nomme « dialogues imaginaires ». Il y a peu quelqu’un évoquait la schizophrénie possible en ce qui me concerne… Pourquoi pas ?… Même s’il me semble être lucide face à certaines situations et si cette schizophrénie n’est peut-être qu’un trouble d’apparat. Qui sait ?… Pourquoi écrire quand il suffit parfois de copier/coller pour exprimer son ressenti ? Je n’y arrive pas, je n’y arrive plus. Besoin de me soulager du trop-plein.

Le problème est, et je ne sais si vous connaissez cela, que je ne parviens pas ou pratiquement jamais, surtout ces derniers temps à ne pas penser (autant que je me souvienne, ces deniers mois, il n’y a que deux situations qui me permettent de débrancher : quand je suis aux chiottes et fais des « sudoku » et pendant certains concerts de Jamait) et je suis sans cesse submergé par ces cogitations. Á croire que le bouton pause de mon disque dur cérébral est pété. Le pire c’est le soir au coucher. Si dans la journée, je peux me soulager quelque peu en écrivant ce qui dégouline de mes entrailles, le soir, dès que j’ai les yeux fermés, ce sont des flots de « réflexions » qui déferlent tels des tsunamis où se mêlent souvenirs, espoirs mirages et frustrations et je manque par trop, à cette heure-là, de courage pour rallumer et noter toutes ces divagations, juste pour apaiser la douleur. Parfois je hurle de l’intérieur : « Fiche-moi la paix » en tentant de me fabriquer un de ces rêves utopiques, artificiels et béats qui m’emmènerait loin de ces rivages tumultueux. Si au moins je pouvais enregistrer ! Mais il semble que certains abus passés n’aient détruit le bouton « record », à moins que ledit bouton ne se soit dissous dans ces produits illicites…

Á cet instant, je pourrais tout aussi bien m’arrêter tant je sais que je risque d’écrire des choses déjà répétées, étant dans cette phase ritournelle qui tourne parfois à l’obsession. Des choses où seuls quelques mots et virgules peuvent changer mais, je n’y parviens pas. Un ami très cher me disait : « Faut que ça me pisse du bras » ! Et dans ma tête, la première fois, je me suis dit : « ouais, plutôt de la main », alors que la main, sans l’aide du bras… Et puis si l’on y réfléchit encore un peu plus, le bras, sans le cerveau… Et dans mon cas, je devrais même dire, sans le cœur car, même si parfois ça passe par le cerveau, bien des fois, et en particulier les soirs évoqués, ça saute l’étape cerveau, directement du cœur au cœur comme disait Léotard. Pas pour rien que l’on dit parfois : « je pleure sans raison ». C’est sans doute de là que vient ce blues du moment. Seul, sans personne avec qui échanger les yeux dans les yeux, pas de bouche à manger, ni de délires ou de larmes à partager.

Harry Steed (Avril 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Le blues du confiné (7)

L’avantage d’être seul, c’est que l’on peut chialer pour un rien sans que personne ne s’en étonne. Il y a eu cette petite mésange qui s’est mortellement blessée en se fracassant contre une fenêtre de ma cuisine. Rien qu’un oiseau me direz-vous… Certes mais, vu que je n’ai personne à chérir ici, je me rabats sur les animaux. Et je pourrais vous conter bien d’autres situations bien plus ridicules toutes autant sources de larmes… Peut-on perdre la tête en situation d’isolement prolongé ?… Une heure du mat’, je remets les infos… Ben oui, pas encore réussi à m’en passer totalement. N’oublions pas que je suis en période de désintoxication et que même si je regarde plus souvent ARTE, comme un produit de substitution, cela ne suffit pas toujours. Et puis, imaginez que le virus disparaisse sans que je le sache. J’aurais l’air con à sortir des jours ou des semaines après tout le monde. Mais non, tout va « bien ». Je tombe sur deux reportages. L’un nous explique les possibles conséquences neurologiques dues au virus et l’autre nous montre des salles de réanimation où tu vois quasiment mourir les gens en direct !… Dans le monde d’après, est-ce que l’on peut espérer une révision de l’enquête d’investigation et de sa déontologie? Je vais me coucher avec un gros doute quant à la réponse à ma question… Pour ce soir, pas mieux et il pleut ! Un vrai temps de blues.

Harry Steed (Avril 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Le blues du confiné (4)

Peut-on perdre la tête en situation d’isolement prolongé ?… Quand vers 18h j’applaudis à ma fenêtre pour les personnes emprisonnées (je ne sais plus si c’est la bonne heure) qui m’entend ? Si j’étais filmé on pourrait croire que j’applaudis les brins de muguet qui pointent leur nez ou l’une de mes chattes qui me regarde d’un air bizarre en se demandant pourquoi je l’ovationne alors qu’elle n’a rien fait dans l’instant et me rappelle que je ne l’ai pas applaudie la dernière fois qu’elle a ramené un oiseau et mis des plumes partout dans le salon. Nous ne nous sommes jamais compris en ce qui concerne les oiseaux avec mes chattes… Bon, en tout cas, demain, j’essaierai de taper sur une casserole. Peut-être que mes plus proches voisins finiront par m’entendre même si les dits proches voisins sont assez loin. Et si ça ne suffit pas, après demain, j’ouvre les fenêtres en grand, pose « Prisoner » sur la platine et pousse la sono à fond. C’est bien le diable si à un moment je ne vois pas débouler une ambulance hurlante. Ça me ferait l’occasion de discuter.

Á l’instar des statistiques du nombre d’hospitalisés et de décès, mon blues a sans doute atteint son pic et se trouve sur un plateau… Y’en marre, c’est décidé, je vais me noyer et, à défaut de pouvoir le faire dans le stupre ou dans des bras charitables, je vais me noyer dans le ménage et la tonte d’herbe. Peut-être même que, tellement je broie du noir, que je vais finir par me doucher !!!

Harry Steed (Avril 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Le blues du confiné (3)

Ce confinement ne fait que foncièrement me démontrer le côté fadasse d’un quotidien sans véritable amour, c’est juste du temps qui passe, gagné sur l’inexorable et compte tenu de ces conclusions, la raison dirait qu’il ne reste qu’une solution : Le suicide ! Le problème étant que, même si je dis à qui veut bien m’entendre (c’est-à-dire pas grand monde, surtout actuellement) que la mort ne m’inquiète pas vraiment, c’est que je n’ai pas l’esprit suicidaire et je ne me sentirais pas capable de m’occuper moi-même de l’affaire. J’ai beau chercher, je ne vois pas comment je pourrais m’aider à disparaître sans une aide extérieure. Engager un tueur, ou une tueuse ? Ouais… Va trouver ça dans les pages jaunes de l’annuaire en Creuse. Resterait la possibilité de profiter de la situation et me jeter ostensiblement dans la foule en espérant chopper ce fichu virus. Là encore, le résultat reste aléatoire, d’une part compte tenu du nombre restreint de cas dans le département il faudrait, pour me donner une chance, pousser au moins jusqu’à Limoges et d’autre part, rien ne dit que j’y resterais. Chanceux comme je suis, je suis capable de l’avoir mais d’y survivre juste avec des séquelles ! Et puis je crains d’être par trop paresseux pour entreprendre un voyage pour lequel les risques de succès sont limités. Du coup, il y a de grandes chances que je survive par manque de courage ! Mais bon, tout ça n’est pas vraiment de la détresse. Juste une triste réalité de se dire que ça aurait pu être mieux de partager les délires mais, je suis par trop imparfait, tel que l’a vie m’a fait… N’est-ce pas Agnès Bihl ?

Á suivre… ou pas

Harry Steed (Avril 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Le blues du confiné (1)

(Pas forcément d’un intérêt majeur, juste un besoin d’évacuer ou, du moins, d’essayer de le faire).

J’aurais dû l’écrire cette nuit, dans les restes de volutes illicites, mais la paresse récurrente et cette « certitude », bien que n’étant pas dupe, de me souvenir au petit matin…

Je ne sais plus trop !!! Peut-être le fait d’être seul et ne pouvoir partager avec quelqu’un de confiance en direct… Déjà, à l’heure où j’écris, je ne sais plus si j’ai fumé les deux cigarettes que je m’octroie chaque matin avant de reprendre ma cigarette électronique. Ce que je sais, c’est que j’ai diablement envie de fumer vrai depuis quelques jours et vu que mon distributeur en ligne d’ E-liquide est en rupture de stock… Donc, à défaut d’une bonne excuse, pour le moins un alibi. Plus le confinement se prolonge et moins je regarde les infos ce qui, au premier abord, est plutôt une bonne chose. Mais, au fur et à mesure que les jours passent, il semble que mon discernement prend du jeu et, quand je remets une chaîne info, il arrive que je ne sache plus si j’évolue dans un monde de fiction ou si la réalité est bien celle que l’on relate. Jusqu’à il y a quelques jours, tout allait « bien ». Il va de soi que « bien » est tout à fait relatif mais, je me trouvais encore lucide. Jusqu’ici, la réalité finit (finissait ?) toujours par s’imposer (est-ce vraiment une bonne chose par ailleurs ?) mais pour combien de temps ? Je ne sais comment ça a basculé… une chanson, une photo, une phrase ou un mot lus, et mal interprétés où des relents du passé et ne sais pas plus si c’est irréversible ou seulement un passage… Peut-être pour ne pas sombrer, une façon d’éviter l’irréversible, de se fabriquer des anticorps contre la morosité absolue. Pas tout à fait à l’air libre et pas totalement au fond de la vase. Parfois un commentaire bulle d’air (un mirage ?) s’écrit comme un espoir… Je ne sais comment se passe un confinement à plusieurs, je ne peux que radoter sur l’expérience d’un confinement solitaire où je ne dialogue véritablement qu’avec moi-même. Est-il temps d’analyser la situation et d’en tirer des conclusions, de se faire des aveux ?…

Á suivre… ou pas (rien ne permet de dire que ce blues-là persiste… une chanson, une photo, un mot mal interprétés et la bascule peut se faire dans l’autre sens)

Harry Steed (Avril 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Chroniques en milieux inhospitaliers 2017

Suite au succès phénoménal rencontré sur Facebook pour mes « Chroniques en milieu inhospitalier » de 2006, je ne résiste pas à l’envie de publier celles de 2017. Moins drôles (si tant est que les précédentes l’aient été), il s’agit en fait d’un récapitulatif des mes observations, envoyé à la direction de cet établissement et en cette période difficile que nous vivons actuellement il me semble qu’il montre bien l’état général de nos lieux d’accueils publics et privés. Si dans un premier temps j’étais fermement décidé à poursuivre l’histoire, il m’a aussi fallu songer à récupérer tout en bataillant (inutilement) avec l’ordre des médecins contre mon médecin traitant de l’époque… Ceci dit après une grève d’une partie du personnel en mai 2018, l’établissement a été remplacé et il semble que les conditions d’accueil et de prise en charge actuels soient de meilleure qualité et c’est tant mieux :

« Puisque l’un des premiers panneaux que l’on peut lire sur une des portes coulissantes de la clinique « Le Val des cygnes » se décline comme suit : « La malveillance est une réalité, parlons-en» (On pourrait y adjoindre un autre panneau : « La bienveillance est une nécessité, pratiquons là»), eh bien oui, parlons-en :

Pour le(s) lecteur(s) bien portant, employé ou actionnaire de cet établissement, il est possible que cette succession de faits et d’observations, voire de suggestions, puisse apparaître anodine ou, relevant du détail mais, c’est justement à partir de telles observations faites en commissions sur la malveillance et la bienveillance (historiquement, au début des années 2000, on s’attachait à définir la malveillance et, rapidement, on s’est aperçu qu’il était sans doute mieux de redéfinir la bienveillance même si l’objectif envisagé restait le même) que l’on a construit les outils de la démarche qualité.

Mon aventure personnelle dans cet établissement a commencé le vendredi 24 février en début d’après-midi suite à une opération d’un cancer effectuée le lundi 20 février à l’hôpital de Rangueil, un établissement où la bienveillance de l’équipe, de la personne de service à l’entretien au chirurgien a été au-delà de ce que je pouvais imaginer. Même si la prise en charge n’a été que « normale », car humaine, par les temps qui courent, il faut savoir apprécier et le dire. Donc, arrivé au Val des cygnes, l’accueil et le début de prise en charge m’ont paru normaux même si le fait de me retrouver dans la chambre d’une personne très âgée et sans doute atteinte de sénilité avait quelque chose de déstabilisant. Le mélange des genres dans le cadre d’un établissement de convalescence ne me semble pas idéal pour faciliter la réadaptation de chacun et, pourtant, elle semble récurrente ici (je serai changé de chambre le lendemain et aurais la chance d’avoir deux compagnons successifs plutôt agréables.

-Premier « couac » au petit déjeuner du lendemain. La diététicienne avait bien noté ma demande la veille : Café noir-pain-beurre-confiture. Et l’on me sert : Café au lait-biscottes-beurre-confiture. J’en fais la remarque à la personne de service qui m’assure qu’elle m’a servi ce qu’on lui a noté mais, avec le sourire, effectue le changement. Le lendemain, petit-déjeuner en conformité avec ma demande : je me sens rassuré. Hélas, le lundi retour au : café au lait-biscottes-beurre-confiture. J’interpelle la personne de service (différente de samedi) et, cette fois, la réponse est moins souriante. A ma demande, ajoutant que c’est la deuxième erreur en trois jours, cette personne me toise et me lance un « BONJOUR » très appuyé, du style : « D’abord, on me dit bonjour » (ce que j’avais fait à son entrée et qu’elle n’a peut-être pas entendu, ce qui ne constitue pas une excuse à son attitude d’autant que j’avais remarqué samedi une certaine rudesse avec mon pauvre camarade de chambre, les deux attitudes tendant à prouver que cette personne n’a peut-être pas choisi le bon métier…). Malgré tout elle accède à ma demande. Ayant rencontré l’infirmière chef le mardi 28 pour lui faire part de mes premières sensations désagréables et, entre autres, ces erreurs concernant le petit déjeuner, je pensais que, sur ce point, la chose serait réglée. Et bien non, malgré une amélioration, j’avais bien du café noir au petit déjeuner suivant mais, non pas un bol, mais deux !! Je le signale à la personne de service, lui demandant d’en enlever un pour gagner un peu de place sur le petit plateau posé sur ma tablette : « Ah bah non, je l’enlèverai quand vous aurez terminé. Donc acte. M’étant aperçu que je n’avais pas de serviette de table, je vais au chariot dans le couloir pour signaler le fait : « Oui, et vous en voulez-une ? » – « Ben oui, je trouve que nous ne sommes pas très bien servis » – « TENEZ », dans un geste qu’il est difficile de décrire en écriture mais que l’on pourrait traduire par : « faites chier »… Au jour d’aujourd’hui (5 mars), ayant de nouveau rencontré la diététicienne pour qu’elle reprécise ma demande celle-ci est exaucée mais je note tout de même que sur les 7 premiers petit-déjeuners, seuls trois correspondaient à la demande initiale !

-Samedi 26 février, lendemain de mon arrivée, bien que l’infirmière ait fait le tour des chambres, à 10h30 personne ne m’avait demandé si  j’avais mal, ni pris des nouvelles de mon transit (j’avais précisé à mon entrée que ce vendredi-là était le premier jour où j’avais réussi à aller à la selle depuis dimanche dernier).

-Avant de regagner son domicile, mon compagnon de chambre me livre quelques anecdotes, dont celle-ci : Il n’y a aucune protection, rideau ou autres, à la douche. Une fois de l’eau a coulé dans la chambre du dessous ! L’agent de service ce jour-là a réprimandé ce patient. Confirmé par le patient du dessous. Raison de la réprimande : a mis trop de pression en prenant sa douche !

-Lundi 27 février. Je viens de passer deux nuits totalement blanches. Non pas à cause de la douleur mais, sans doute, à cause des inquiétudes qui s’accumulent dans ma tête suite à cette opération et aux éventuelles conséquences. Je le signale ce lundi matin à l’infirmière de service, lui demandant si ce soir il sera possible d’avoir quelque médicament qui puisse m’aider à m’endormir. Le soir, je demande à l’infirmière si quelque chose a été prévu. Elle ne sait pas et doit se renseigner. Elle revient quelque temps après : « Il n’y a rien de prévu pour vous ce soir ». Il me sera proposé un cachet le lendemain ! Trop tard.

-Toujours ce lundi : arrivée d’un nouveau compagnon de chambre. Une infirmière vient lui poser des questions personnelles sur sa problématique médicale, sans me demander de sortir. Je le fais donc de ma propre initiative. Une fois l’infirmière partie, je reviens dans ma chambre. Cette fois, c’est le médecin qui vient voir ce nouveau patient et réitère les questions de façon plus approfondies, sans pour autant m’inviter à sortir afin de préserver l’intimité de ce patient. Abasourdi puis excédé, il me faudra quelques minutes avant de sortir à nouveau de mon propre chef. Qu’en est-il de, article 8.1., alinéa 9 : « Le respect de la vie privée est garanti à toute personne ainsi que la confidentialité des informations personnelles, administratives et sociales qui la concernent » ?. En milieu de semaine suivante, je revivrais la même scène avec la stomatologue venue visiter mon voisin de chambre.

-Nuit du mardi au mercredi : réveillé à 4h du matin par un aide-soignant : « Avez-vous besoin que l’on change votre protection ? ». « Non, tout va bien, merci ». « Bon, je vous enlève votre alèse ». « Pourquoi ? ». « C’est le règlement » !!! Et il n’en ramènera pas une autre. Ce qui me laisse à penser qu’après 4h du matin, soit il n’y a plus de fuites possibles, soit elles sont interdites, soit le patient peut souiller son lit… J’aurais à nouveau affaire à ce monsieur quelques nuits plus tard. Réveillé en sursaut vers 5h du matin par la porte de la chambre qui claque violemment suite à son entrée. « Ah, votre fenêtre est ouverte, je vais la fermer ». « Non, s’il vous plaît, mon compagnon de chambre et moi souffrons de la chaleur, c’est pourquoi nous dormons la fenêtre ouverte ». « D’accord ». Et il repart en laissant la lumière de la salle de bain qu’il a allumée en entrant, et la porte de cette salle de bain ouverte. Au bout de ¾ d’heures, gêné par la  lumière, je me lève et vais le voir afin de savoir pourquoi il a laissé la lumière allumée. « Vous êtes sûr que c’est moi qui ait allumé  parce qu’il y a des patients qui aiment bien dormir avec ? ». Après que je lui ai confirmé : « fallait me sonner ». J’en profite pour lui rappeler l’histoire de l’alèse. Il me confirme  que le changement d’alèse à 4h est dans le protocole (bien qu’il n’utilise pas ce mot). Pas un mot d’excuse pour la porte, la lumière..!

-Le même matin, une infirmière vient pour me faire une prise de sang. Tout en préparant son matériel, elle me demande si je suis bien monsieur untel. Non, ce n’est pas moi ! « Ah, je me suis trompée ».

-Toujours le même jour, j’ai deux plateaux repas, un à la chambre 301 (que j’ai quittée depuis 4 jours) et un à la chambre 308. Dans le même ordre d’idées, le 1er mars mon camarade de chambre qui avait déjeuné à 7h15, ayant un rendez-vous médical tôt, se verra servir, en son absence un deuxième petit-déjeuner à 8h. Le manque de coordination des équipes est de plus en plus patent. Vous me direz, mieux vaut deux bols de café que pas, deux plateaux-repas que pas, deux petits-déjeuner que pas…

-Encore le même jour : surpris que l’on n’ait pas examiné ma plaie depuis mon arrivée, j’en informe une infirmière qui me répond que le médecin n’a pas inscrit de le faire. Malgré tout, le lendemain matin, elle le fait et me dit que cela semble aller (même si les stéri-strips sont en vrac…)

-Le midi, je n’ai pas de couvert à la table que l’on m’a attribuée et il me faut de nouveau décliner mon identité. Il en sera de même pour une de mes voisines de table, bien qu’elle ait mangé à deux reprises à cette table !

-Mercredi 2 mars : un fait que je n’ai pas vu moi-même mais je fais confiance à cette patiente avec qui je devise de temps à autre en fumant une cigarette : « hier une patiente est tombée dans le couloir. Le personnel l’a relevée et mise sur une chaise. Quatre heures après, elle était toujours sur cette chaise sans que personne ne se soit plus préoccupée d’elle ! ».

-Je ne sais plus quel jour, alors que je sors, une agent de service me dit qu’elle va laver ma tablette. Très bien. Quand je remonte, effectivement la tablette a bien été lavée et mes livres et journaux, reposés dessus sont humides. Deux jours plus tard, relavage de tablette. Je reste présent et interviens au moment où elle va reposer livres et journaux sur la tablette mouillée en lui expliquant le pourquoi de mon intervention. « Ah oui, c’est vrai, ça mouille un peu ». Parfois, je crois rêver.

-Jeudi ou vendredi : le matin, une feuille publicitaire vantant une nouveauté, la pause gourmande à 4€ est distribuée dans les chambres à chaque patient. Au repas du midi, la même feuille est redistribuée à chaque patient (là, personnellement  j’y  vois un léger gaspillage de papier) et pour que l’on soit sûr d’être bien informé, le chef cuisinier passe à chaque table pour nous réexpliquer ladite proposition. Dans le même temps, une des personnes mangeant à la même table que moi doit une énième fois rappeler qu’il lui faut une cuillère à soupe pour pouvoir manger correctement. Il y aura une fois ou, fatiguée de demander ce qui lui est dû, elle tentera, en vain, de manger sa salade d’endives avec sa fourchette. Ce qui me poussera à réclamer cette cuillère à sa place en soulignant que ce n’est pas normal. À partir du lundi suivant, elle aura (à ce jour sommes le mardi), une cuillère à son emplacement. Comme je lui dis qu’il aura fallu dix jours pour qu’elle soit équipée comme il se doit, elle me dit : « oh ça fait bien plus longtemps vous savez » !! Mercredi : hélas, retour à la « normale », pas de cuillère spontanée.

-Jeudi : rendez-vous avec l’assistante sociale afin de préparer le retour à mon domicile et d’obtenir des aides à ce sujet. Au demeurant, quelqu’un très à l’écoute, compétente et efficace. Il faut aussi souligner les points positifs, quand il y en a. En consultant mon dossier elle m’annonce qu’une commission s’est réunie et que mon départ est programmé le 25 mars ! Surprise ! Je ne suis pas au courant, d’autant que j’avais informé le médecin vu le 24 février que mon séjour, sauf incident, n’excéderait pas 15 jours. Elle me conseille de voir avec le secrétariat à l’accueil. Ce que je fais le lendemain matin. La secrétaire me confirme que je ne pourrai pas sortir la semaine prochaine, compte tenu de la décision de la commission. L’après-midi, suite à ma demande, je vois le médecin et lui relate l’affaire. Ce médecin me dit qu’effectivement l’établissement a pour habitude de programmer des séjours de quatre semaines, minimum, mais que, compte tenu de mon état et étant en pleine possession de mes facultés intellectuelles, je peux exiger de sortir le vendredi 10 mars comme je le souhaite. Mon interrogation est la suivante puisque cette commission s’est réunie et a pris une décision me concernant sans prendre mon avis : qu’en est-il de l’information claire, loyale et adaptée et de mon consentement éclairé ?

Concernant la plaie consécutive à mon opération, ce médecin est très surpris qu’elle n’ait été vue qu’une fois au bout de quatre jours (et parce que j’en ai fait la demande) et fait venir immédiatement une infirmière afin qu’elle enlève les stéri- strips restants et  la nettoie …

-Samedi : au repas du midi, ma voisine de table, une femme âgée, posée et qui a toute sa tête, arrive en retard, le visage bouleversé. Elle est, depuis peu, victime d’intrusion régulière dans sa chambre par une personne en perdition mentale. Ayant constaté la disparition de vêtements, elle a dans un premier temps porté plainte, avant de retrouver ces vêtements portés par cette autre patiente !! Perturbé par l’incident, après avoir retiré sa plainte, elle demande aux infirmières de fermer sa porte à clef pendant le repas du midi. On lui répond que ce n’est pas possible. C’est l’heure du repas et on la prie de descendre à la salle à manger. Elle refuse et on lui dit que l’on ne pourra pas lui monter de repas. Qu’à cela ne tienne, elle ne mangera pas mais restera protéger ses affaires. Une minute après une clef apparaît pour fermer sa porte. Je suis moi-même perturbé de la voir dans cet état, d’autant qu’elle me dit que le médecin qui est passé à ce moment lui a dit que ce n’était pas la faute de cette patiente compte tenu de son état et qu’il fallait être tolérant !!! De plus, outre ce qu’elle a ressenti comme un viol de son intimité, cela va lui coûter une fortune, selon ses propres termes, dans la mesure où ses vêtements ne peuvent être lavés ordinairement et doivent être portés chez un spécialiste. Cet incident me ramène au mélange des genres dans cet établissement. Mélange qui pourrait se justifier si la répartition se faisait de façon réfléchie et, surtout, si le personnel était suffisamment en nombre et formé pour prendre en charge les cas lourds qui ne manquent pas ici. Aucune des conditions précitées ne me semblent remplie. Aujourd’hui lundi 6 mars, la même patiente me dit que son chauffage en panne depuis trois jours n’a toujours pas été réparé, qu’elle a froid la nuit et est obligée de dormir habillée !!! (Les points d’exclamation vont finir par me manquer). L’homme d’entretien passant dans la salle à manger quelques minutes après, je l’interpelle afin de lui signaler ce problème. Il dit qu’il va s’en occuper mais n’avait pas été averti de cette défaillance chauffage… (Mardi 7 mars, lendemain de mon intervention, le chauffage est réparé)

-Samedi 22h, je termine une partie de belote au rez-de-chaussée et avant de remonter, pris d’une envie pressante, je passe aux toilettes. Plus de papier. Ce sont des choses qui arrivent. Dimanche, 10h40, le distributeur n’a toujours pas été ré approvisionné ! Je croise deux membres du personnel que j’informe de la situation, leur demandant s’il quelqu’un qui est chargé de cela le dimanche : « oui, bien sûr, elle est au 1er, elle a dû oublier, on lui signale ». Embêtant cet oubli pour les personnes victimes de fuites et autres incontinences, non ? À midi, toujours rien et je le signale à la personne de service au repas : « ce n’est pas moi qui m’en occupe, mais je leur dirai ». Il faudra attendre presque 13h pour que le réapprovisionnement soit enfin effectué.

-Dimanche : branlebas le combat au niveau de la salle à manger. Une des deux personnes préposées à la distribution des repas a déclaré forfait et la survivante est en mode service rapide. Elle prend tout de même le temps de passer à chaque table afin de s’enquérir des commandes pour la pause gourmande (mon esprit mesquin me fait entendre le bruit d’une caisse enregistreuse…) sans que, pour autant, ma voisine de table n’ait droit à sa cuillère à soupe, vitale pour pouvoir manger correctement. Puis c’est le service à toute vitesse, tout en s’excusant d’être obligée de nous bousculer et nous annonçant que, compte tenu des circonstances, ce soir les plateaux seront servis à 18h et retirés à 18h15 !!! Heureusement, le soir une remplaçante sera là et nous pourrons manger un peu plus calmement. Suggestion : dans un cas tel que celui-ci, permettre à l’employée de travailler un peu plus longtemps (temps rémunéré ou récupéré), afin que les patients ne pâtissent pas de cette situation.

Toujours ce dimanche. J’avais remarqué que la personne distribuant la nourriture dans les assiettes portait des gants, conformément aux mesures d’hygiène. Que penser quand cette personne ne porte qu’un gant, même si celle qui est gantée lui sert, logiquement à saisir les boulettes de viande du jour et qu’elle passe cette même main dans ses cheveux entre deux boulettes ?!

-Sans que j’en connaisse la raison, lundi ou mardi matin, je trouve sur ma tablette, en plus de mon doliprane, un sachet pour favoriser le transit ! Interrogée, l’infirmière me dit ne pas en connaître la raison et n’avoir fait que suivre les instructions. Jusqu’ici personne ne m’a questionné quant à mon transit. Qu’à cela ne tienne, ayant eu quelques difficultés hier, j’avale le produit en me disant que je dois être entré en communication télépathique avec mon prescripteur…

-Une suggestion facile : mettre une protection sur les poches d’urine que doivent porter certains malades afin que les autres patients n’aient pas à manger face à ces dites poches (salle à manger).

-Mardi : Page 18 du fascicule qui nous est remis à l’entrée vous nous donnez le n° de la personne à joindre, représentante des usagers, afin que nous puissions, le cas échéant, exprimer nos griefs auprès des responsables de l’établissement, entendre les explications de ceux-ci, etc etc. Je me dis qu’il est temps de contacter cette personne. Je l’appelle deux fois (étant tombé sur le répondeur la première) et le mari de Mme Monserrat Descous m’apprend que son épouse s’est désistée de ce poste et n’a pas été remplacée. Je me rends donc au secrétariat d’accueil afin de m’étonner. La personne de service me dit que cette défection doit être récente et a dû se produire après mon entrée le 24 février. Je prends acte et demande tout de même à ce que mes deux appels ne me soient pas facturés puisque vous m’avez donné un N° qui s’avère inutilisable : « Ah bah non, vous avez appelé, vous devez payer». Il faudra que je réitère trois mon refus de payer pour entendre : « Ah bah d’accord, on ne va pas ergoter pour quelques centimes ». Il ne s’agit pas pour moi des quelques centimes mais, de cohérence. Suggestion : rayer rapidement ce n° pour ne pas donner une information erronée et, de plus éviter à l’époux de Mme Monserrat-Descous d’être importuné, sa femme étant gravement malade.

-Mercredi : après vérification d’un tiers auprès du mari de  Mme Monserrat Descous celle-ci se aurait abandonné ses fonctions il y a environ un mois ½ ! Là, ou je me trompe ou l’on m’a menti hier ce qui me paraît plus grave.

Il se peut que mon style vous surprenne mais que voulez-vous, votre établissement a son style, j’ai le mien. L’un de mes directeurs (de 1980 à 2002 et même si nous n’étions pas d’accord sur tout, me qualifiait régulièrement d’observateur attentif et pertinent. Son successeur employait plutôt le terme de chieur permanent, trop à cheval sur l’application des procédures et de la loi ! Il faut dire que si le premier avait une approche humaniste, le second, enseignant de formation avait suivi des cours de management et de gestion…). L’important n’est-il pas que les choses soient dites et bien dites, faites et bien faites. J’ai croisé nombre de patients qui relèvent les mêmes dysfonctionnements que moi, voire pire. Quand je leur demande ce qu’ils vont faire par rapport au questionnaire de satisfaction, beaucoup disent qu’ils ne feront rien car ils pensent que leurs observations ne seront pas lues ou jetées à la poubelle… J’ai depuis 1990, et pour des raisons diverses, fréquenté cinq établissements hospitaliers : 1 en Allier, 2 en Creuse et 2 en Haute Garonne, le vôtre étant celui de mon plus long séjour. Pour deux d’entre eux la prise en charge a été conforme à mon attente, l’un, Rangueil pour ne pas le nommer cela a été au-delà de ce qu’ à quoi je m’attendais dans la bienveillance et les deux derniers ont été largement en dessous. Concernant ceux-ci, pour le premier d’entre j’ai répondu au questionnaire de la même façon que je réponds au vôtre aujourd’hui. Mon texte de réponse intitulé « chroniques en milieu inhospitalier » n’a pas eu de réponse en écho. Concernant le vôtre que je quitte sous peu sans regret (il faudrait me payer cher pour que j’y revienne), outre le fait de glisser ma réponse dans la boîte réservée à cet usage, afin d’avoir une véritable réaction, je l’enverrai à divers autres endroits, votre direction, votre siège, les réseaux sociaux entre autres. Je me réserve aussi le droit de le faire parvenir à quelques médias.

-Enfin, et bien que cela n’ait pas un rapport direct avec la prise en charge mais plutôt avec le gaspillage et les économies que l’on nous demande de faire (à juste titre quand ces économies ne diminuent pas la qualité de la prise en charge), je ne peux passer sous silence cette observation : en début de séjour, fuite de la fontaine à eau dans la salle à manger. La personne qui se charge d’éponger le fait en utilisant pas moins de quatre de ces alèses destinées aux lits de patients. Surprise dont j’ai fait part à l’infirmière lors de l’entrevue que j’ai eue avec elle en milieu de semaine pour évoquer mes observations (elle semble avoir partagé ma surprise). Lundi ou mardi matin, nouvelle fuite d’eau des wc du rez-de-chaussée. Cette fois, ce n’est pas moins de 6 alèses qui étaient disposées au sol afin d’éponger. Il semble que les personnes, qui ont fait au mieux pour réparer les dégâts, n’aient pas accès au matériel adéquat ! Puisqu’il nous ait demandé des suggestions, dans ce cas précis il me semble qu’une mise à disposition d’un seau et de serpillères rendrait la tâche plus aisée en évitant ce qui s’apparente à du gaspillage.

Des suggestions à tout ce que je viens d’évoquer ? Difficile de se prononcer quand on ne connaît pas plus précisément certains détails : formation des équipes, suivis de ces formations, coordination, qui fait quoi … Quoi qu’il en soit, il me semble qu’une meilleure répartition des patients pourrait si ce n’est supprimer certains problèmes, du moins les alléger. Beaucoup de ces « petites » choses constatées pourraient être réglées avec une meilleure coordination à l’intérieur des équipes et dans les passages des relais. Je ne peux pas dire que l’équipe dans son ensemble soit malveillante. À l’exception de deux ou trois personnes qui feraient mieux de changer de métier, l’ensemble des personnels fait ce qu’il peut et avec le sourire. Il semble seulement qu’ils n’aient ni la formation adéquate, ni les moyens de répondre à l’hétérogénéité de la population accueillie. À souligner toutefois la compétence, la bienveillance et l’écoute du service kiné.

Pour information : ma profession m’a amené à intégrer des groupes de travail sur la maltraitance et la bienveillance et si je n’ai pas participé directement au groupe de travail mettant en place la démarche qualité, mon équipe et moi-même avons été régulièrement informés de l’avancée des travaux et sollicités afin de donner notre avis et proposer des améliorations quant aux procédures mises en place. Notre souci a toujours été d’écrire des procédures réalistes et applicables aux moyens dont nous disposions.

Hors sujet (ou pas) : le cas si ce n’est le plus extraordinaire, en tout cas le plus incompréhensible à mes yeux d’observateur est celui de Yannick. Cet homme qui est maintenant dans la chambre 301 était déjà là quand je suis arrivé. La quarantaine, il semble ne souffrir d’aucun trouble physique notoire et paraît, dans la discussion, sain d’esprit. À l’entendre, il ne sait pas comment il est arrivé ici, pourquoi il est ici, n’a reçu aucune explication et n’arrive pas à rencontrer un médecin pour en avoir ! Jusqu’ici il semblait prendre la chose avec philosophie, mangeant de bon appétit et profitant des appareils de la salle kiné et nous faisant profiter de son rire jovial. Depuis hier, mercredi 8 mars, son attitude est en train de changer. Son visage jusqu’ici coloré est devenu blême et je l’ai trouvé en train de tourner en rond dans la cour extérieure, répétant : « je voudrais bien savoir ce que je fous là ! ». Est-il dément (il ne me semble pas), simulateur… Je ne sais pas et bien que cela ne me concerne pas, je lui souhaite de recevoir rapidement une réponse à sa question. La détresse des autres me touche aussi.

Dernière minute : Hier, Marc, mon compagnon de chambre a été pris de vertiges, limite malaise. Il a pensé en reprenant ses ordonnances, que cela pouvait être dû à la prise de topalgic à prendre en cas de douleur importante et qu’on lui avait donné à prendre le matin. Ceci bien que depuis son arrivée il ait précisé qu’il n’avait pas de douleur. L’infirmière alertée a confirmé cela. Le voyant fragile, je lui ai proposé de demander un plateau en chambre. Il a tenté de venir malgré tout avec moi malgré tout mais, arrivée au couloir et pris de vertige il a accepté ma proposition. J’ai donc informé l’aide-soignante qui m’a dit qu’elle prévenait l’infirmière afin de faire le nécessaire et suis descendu manger. À midi trente passé, j’ai eu la surprise de la voir arriver, vacillant à la salle à manger. Il n’avait eu aucun retour de sa demande… » Harry Steed (Avril 2017-extrait de « Chroniques en milieux inhospitaliers 2017 »)

The Bear

Il y a une semaine, j’apprenais le suicide d’une amie,

Certes perdue de vue depuis un moment

Mais bien présente dans mes souvenirs

Il y a quelques années c’est un de mes rares amis

Qui disparaissait laissant un vide jamais comblé.

Nous avions passé tellement de soirées

Á refaire le monde, sans illusions…

Juste comme de vieux rebelles.

Depuis que j’ai récupéré ma voiture, équipée d’un lecteur k7,

Je m’écoute les enregistrements d’émissions musicales

Que nous animions sur Délice FM, radio locale

Á la fin des années quatre-vingt.

Nous, c’était moi-même avec mon émission « Tam-Tam »,

Et Patrick avec la sienne « Contrastes »,

J’adore sa voix chaude et chaleureuse…

Je l’appelais « The Bear »

En référence à l’imposant chanteur de Canned Heat

Et à son côté ours se tenant à l’écart des foules.

Á chacun de ses « Contrastes »,

Il nous proposait un mini-concert,

Résumé d’un artiste ou groupe

Toujours bien documenté et enthousiaste.

Le dernier écouté hier sur la route traitait de Charlélie Couture

Avec entre ce morceau qui lui donnait des frissons.

« Oh, mon Ami »

Ce matin, à peine réveillé, sa fille m’apprenait

Le décès d’un autre de ces rares amis,

Alter ego en mots et musique…

Ce n’est pas moi qu’il faut plaindre

Mais les touts proches de ces chers disparus.

Moi, sans crainte, ni impatience,

J’attends mon tour

Harry Steed (Janvier 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)

Ps : sur cette photo ; the Bear, à gauche, au centre Nicolas Cassagneau guitariste légendaire de Fly & the Tox, décédé fin 2017…

Trois hommes et…

Il y a quelques jours, je suis allé à la ville

Avec l’intention d’acheter ce livre

Que je compte lui offrir, après l’avoir lu.

Chemin faisant, à quelques minutes de différence,

J’ai croisé ses deux ex-locaux

Avec qui j’ai échangé quelques mots amicaux…

Trois hommes et… un chagrin…

Harry Steed (Janvier 2020 – extrait de « L’avenir est en doute »)